Ingérence provinciale

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAComme on pouvait si attendre la tension est montée d’un nouveau cran sur Poum avec le blocage de l’entrée de la mine SPUR exploitée par SONAREP pour le compte de SLN. Dans leur cahier de revendication en date du 5 décembre les membres du GDPL Boubopa, les porte-paroles du clan Boavouva et les petits porteurs actionnaires de Poum (réunissant les tribus de Titch, Arama, Tiabet et des ilots) exigent l’arrêt des manipulations de Nord Avenir dont le but est de mettre la main sur la trésorerie de la société (voir l’article Aliénation du travail). Ils exigent en outre la démission de la directrice générale (nièce de Paul Néaoutyine) qu’ils accusent de manipulation et d’ingérence dans les affaires du clan.
Dans un communiqué faisant suite au blocage de l’activité minière, l’actionnariat populaire dénonce la tentative de prise de contrôle de la prochaine assemblée générale du 14 décembre par la prise de majorité du GDPL Boubopa (sans en tenir informé le mandataire en place), mais aussi le détournement de pouvoir en violation des règles régissant le fonctionnement des GDPL au sein des services de la province. Non seulement les membres du groupement dénoncent la volonté manifeste de détournement de l’actionnariat populaire kanak, mais également la capacité juridique et intellectuelle du président nouvellement désigné par les relais de l’institution, dont l’âge (78 ans) dépasse la limite des administrateurs fixée à 70 ans.
Au cours de l’assemblée générale il est normalement prévu de demander aux actionnaires (GDPL 26%, petits porteurs 40% et SODEPAR 34%) de donner quitus à la direction générale de SONAREP. Or les administrateurs auraient été informés lors du dernier conseil d’administration que SODEPAR (donc Nord Avenir) sollicite un prêt de 50 millions XPF, une distribution de dividendes et un administrateur supplémentaire, ce qu’ils refusent. Rappelons que seul le pôle service à la mine (et dans une bien moindre mesure l’agroalimentaire) dégage des bénéfices au sein des sociétés dans lesquelles SODEPAR détient des participations. Rappelons qu’au cours de son dernier exercice comptable, Nord Avenir a généré une perte nette consolidée de 1.85 milliard XPF.
Les membres du GDPL, du clan et les petits porteurs de Poum dénoncent le fait que toutes les pièces administratives de la société (procès-verbaux et registres) soient maintenues hors du siège social de la société dans les locaux de Nord Avenir, documents dont ils n’auraient pas connaissance. Enfin, ils s’insurgent contre la décision de la direction générale de SONAREP de fermer sans aucune raison valable la station-service et la quincaillerie du village, services de proximité essentiels pour une population isolée.
Nul ne doute que ces méthodes de gestion sont plus en adéquation avec l’hégémonie coloniale régulièrement dénoncée par les représentants de l’exécutif provincial. Pour autant, de telles pratiques ne profiteront ni à Nord Avenir/SODEPAR, ni à la doctrine nickel, ni aux populations locales majoritairement actionnaires de la société. Ce conflit profitera encore moins à ses salariés ainsi qu’au concessionnaire qui avait récupéré les titres de Poum en échange de ceux qu’il détenait sur le massif du Koniambo. Lorsque l’on prend connaissance des thèmes du programme de travail sur la stratégie nickel adoptés par le comité des signataires du 7 novembre dernier, l’on est en droit de se poser des questions sur les problématiques identifiées, notamment au niveau de la gouvernance.
Pour télécharger le cahier de revendication du GDPL
https://www.dropbox.com/s/0rsqbpqgt2crjqg/Cahier%20de%20revendication%20Poum%204%20d%C3%A9c%202016.pdf?dl=0
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