Reprise attendue

thCD7SIIACDe plus en plus d’industriels pensent que la reprise se fait enfin sentir. Les premiers signes ne mentent pas. La production chinoise d’acier inoxydable a augmenté de 7% par rapport à l’année dernière avec une part significative des séries 300 de haute qualité contenant le plus de nickel métal. Les stocks européens de scrap sont tendus et la production de batteries particulièrement élevée en Asie. Après cinq années de déclin, la demande de nickel a redémarré avec une diminution notable des stocks au LME au cours des dernières semaines. Les cours restent pour le moment relativement bas (autour de 4.5$ la livre) mais la tendance est à la hausse. Les Philippines ont fermé 10 mines et s’apprêtent à en fermer 10 autres pour des raisons (officiellement) environnementales. Ses exportations de minerai de nickel ont baissé de 18% par rapport à l’année dernière et ceci du fait de la baisse des teneurs et de la raréfaction de la ressource. La baisse de production des Philippines ainsi que le niveau des cours relativement bas ont entraîné une baisse de la production de fonte de nickel de 15%, ce qui ramène le niveau de production du Pig Iron à celui de 2012. La baisse de la production des Philippines ainsi que l’arrêt d’usines aux coûts de production élevés (Queensland Nickel, Votorantim, Cunico-Kosovo, Mincor, Panoramic Resources…) devraient voir le cours du nickel augmenter avec une courbe inversée de l’offre et de la demande. Le déficit de production ainsi dégagé devrait normalement se creuser puisque pour des raisons techniques peu parmi les grands projets industriels (KNS, VNC, Onca Puma, Sheritt…) ont pu atteindre leur capacité nominale de production.
Toutefois ce regain d’optimisme devrait être contenu, surtout au pays de tonton Marcel où les usines locales et offshore s’apprêtent à réaliser à nouveau des pertes historiques. Avec les premières annonces de licenciements, les rêves des usines pays se fissurent, tandis que plombée par les pertes de la mine, les mensonges sur la rentabilité de l’usine offshore (SNNC/NMC) perdurent. Et si le rapport de l’offre et de la demande est sur le point de s’inverser, la demande chinoise restera néanmoins modérée. Consommant la moitié du nickel mondial, l’Empire du milieu continuera à dominer le marché et à faire en sorte que l’évolution des cours soit maîtrisée. Les opérateurs russes s’inscriront dans cette démarche et continueront à produire à des coûts défiants toute concurrence puisque le minerai de nickel extrait est l’un de ses nombreux produits résiduels. L’Indonésie et non la Nouvelle-Calédonie, devrait tirer les fruits de cette reprise attendue – mais circonscrite – puisque l’arrêt des exportations entré en vigueur en janvier 2014 donne lieu à une augmentation importante de sa capacité industrielle de production de fonte mais aussi de ferronickel. De nombreux projets sont en cours de construction et certains effectuent déjà leur montée en production. Le coût de construction de l’ensemble de ces nouvelles installations (PT Antam, Bintang, Indoferro…) est bien moins élevé que celui des deux usines construites en Nouvelle-Calédonie. Elles ont été réalisées en des temps bien plus courts et leurs coûts de production devraient surtout être nettement moins élevés. L’augmentation de la capacité nominale de production indonésienne de ferronickel et de fonte de nickel devrait allégrement dépasser les 200 000 tonnes de nickel métal à l’horizon 2018, ce qui en dit long sur la capacité d’adaptation de la politique industrielle calédonienne.
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