The show must go on!

SNNC7Lors des Rendez-vous de l’économie organisés par la SMSP à l’auditorium de la CCI, un certain nombre de contre-vérités ont été formulées. En voici quelques-unes parmi tant d’autres. Selon le quotidien, le patron de la Minière du Nord affirme qu’avoir la détention de 51% du capital, « c’est maitriser et donc protéger sa ressource minière. C’est aussi détenir 51% des décisions relatives à l’allocation des bénéfices et aux distributions de dividendes ». Or, qu’il s’agisse de KNS, de SNNC ou de NMC, la SMSP ne détient pas 51% des droits de vote mais seulement 50%, et compte tenu de la surface financière et des garanties de bonne fin d’exécution apportées par les partenaires industriels, c’est bien ces derniers qui décident de la marche à suivre des opérations minières et industrielles.
Retours attendus. La stratégie du groupe assurerait « des retours conséquents » et poserait donc « les bases de la création d’un fonds souverain ». On croit rêver! En fait, compte tenu du coût anormalement élevé du projet de l’usine du Nord (aujourd’hui de 8 milliards de dollars) et de la faible participation de la SMSP, les cashflows tant attendus serviront prioritairement à rembourser Glencore qui aura financé près de 97% du coût de construction. Quant aux « retours conséquents » de l’usine de Gwangyang, plus de la moitié n’a pas été distribuée et a servi au financement de la construction de la seconde ligne en Corée. Les dividendes versés en Nouvelle-Calédonie couvrent à peine les pertes de NMC dont le report à nouveau à fin 2014 fait état d’une perte cumulée de 9,2 milliards de francs. La société est incapable de financer la prospection de son domaine minier et fait appel à la « solidarité » des autres mineurs. Aussi, s’il parait utile de créer un fonds souverain, on est surtout en droit de se demander comment ce dernier pourrait bien être alimenté ?
Générations futures. « Une fois la ressource épuisée, l’usine de la SMSP en Corée du Sud sera durablement profitable au bénéfice des générations futures car elle pourra continuer à traiter des minerais calédoniens ou non ». En vérité, en cas de défaillance de son partenaire, POSCO est en droit de demander la résiliation du contrat commercial. Plus de ressource, exit l’illusion du partenariat « gagnant-gagnant » de la Doctrine Nickel! En attendant, la participation majoritaire pourrait être vendue et « le prix d’une telle vente représenterait une manne conséquente pour le territoire ». Selon Les Nouvelles, le chiffre de 200 à 300 milliards de francs minimum circulerait. Ceci représenterait une somme pratiquement 10 fois supérieure au 51% de l’actif immobilisé en Corée??? Assurément, il  y a encore une couille dans le manou! D’autant que tout aurait été prévu pour les générations futures, mais qu’au final on pourrait vendre tout de suite… Exit le développement durable et le fonds souverain pour les générations futures puisqu’il faudra bien financer les licenciements ainsi que la fermeture et réhabilitation des mines épuisées et polluantes.
Dettes auprès des banques. L’endettement de la SMSP ne serait « pas de 250 milliards comme il a pu être répandu, mais de 25 milliards à la fin 2014 ». Or chacun sait que l’endettement comprend non seulement les emprunts contractés auprès des établissements bancaires mais aussi les dettes financières, notamment celles contractées auprès des partenaires industriels. S’agissant des emprunts de la SMSP, ils représentent en effet 25 milliards de francs Pacifique à la fin de 2014. Pour autant, cette dernière n’était pas obligée de les contracter puisque le partenaire garantit l’intégralité du financement et que le mécanisme de la dette junior lui procure l’avantage de la flexibilité. Conséquence de cette décision, comme l’entité locale du Sud, la SMSP va devoir maintenant rembourser ses emprunts selon un échéancier fixe et préétabli, tandis que la maîtrise (pour le moins aléatoire) de la construction, de l’exploitation, donc des dividendes, dépend de la multinationale.
Endettement auprès des partenaires étrangers. S’agissant des dettes financières, celles contractées auprès des partenaires industriels et volontairement passées sous silence par les orateurs, elles sont bien plus conséquentes et également inscrites au passif du bilan de la SMSP. Bien que non communiquées, le lecteur averti du quotidien n’est pas dupe. Il sait par exemple que Glencore devrait financer autour de 95% des 8 milliards de dollars (autour de 850 milliards de francs), et sans doute plus, que devrait coûter l’usine du Nord et donc pratiquement 90% de la part de la SMSP, soit in fine bien plus de 250 milliards de francs de dettes envers Glencore inscrites au passif du bilan consolidé de l’actionnaire local. Quant aux dettes financières du groupe SMSP à l’égard de POSCO, elles sont garanties par une unité de production offshore soumise aux règles de droit coréen…
Empty spaces – What are we waiting for? Abandoned places – I guess we know the score! Does anybody know what we are looking for? Another hero? Another mindless crime? Behind the curtain in the pantomine? Hold the line. The show must go on! (one of the most beautifull songs of the Queen written by Freddie Mercury)

 

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